Samedi 8 février 2025

Posted By: Gabriel Feret In: Journal d'un libraire On: samedi, février 8, 2025 Hit: 61
Il reste tant de livres à lire. A savoir que plus on lit, plus la liste s’allonge. 
Je me suis endormi dans la nuit en ayant lu à peine quelques pages du deuxième volume de Récoltes et Semailles, que je tardais à reprendre, entre fascination et agacement. Grothendieck m’a tout l’air d’un graphomane. 
J’écoute aujourd’hui une intéressante émission à laquelle participe l’historien Johann Chapoutot. Un homme de mon âge. Malgré l’intérêt, je ne le lirai sans doute pas. 
Hier, je suis allé voir A et N à la librairie de C. Ils m’ont d’ailleurs gentiment invité à déjeuner. Je suis reparti avec des livres de G.-A. Goldschmidt, Joann Sfar, Philippe Forest, Jacques Derrida… Mon souhait premier allait vers le livre de Pierre Michon, mais les libraires avaient vendu tous leurs exemplaires. Que lirai-je de ces titres ? Lesquels seront mis de côté, pour plus tard, pour ne les lire jamais peut-être. 
Je passe davantage de temps à vendre des livres qu’à en lire, ainsi va la condition du libraire.  Cependant, c’est pour les lire qu’on se trouve attiré par le métier. Peut-être aussi par la mythologie que recouvre l’histoire des lettres. Je suis de cette belle république. Je suis un ouvrier patient et besogneux, tentant de trouver un destinataire à chaque exemplaire qui me tombe entre les mains. 
Fatigué ce soir après une journée à empaqueter, saisir, trier et ranger, en avalant une poussière ancestrale, je tenterai de lire quelques lignes avant de sombrer.